Quai du hasard

Te souviens-tu ?
C'était l'automne.
Tu riais dans le vent
Sous la caresse des feuilles
Au parfum écœurant,
Qui tombaient mollement
À l'heure de ton départ.

Sur le quai de la gare,
J'ai croisé ton regard
Par hasard.
Tu t'élançais bravement
Vers l'avenir inconnu
Qui t'emporterait
À jamais
Loin de moi.

Ce jour-là,
Au défi des convenances,
J'ai déchiré le silence
Par mon rire insolent.

Tu m'as souri.
Ton train est parti
Sans toi.
Oubliant pourquoi
J'étais là,
Je t'ai serrée dans mes bras
Jusqu'à défaillir.

Devant notre maison ensoleillée,
Les trains passent à présent
Sans plus jamais s'arrêter.

Le 18.03.2004