Plage sauvage

Je lis paisiblement une revue coquine,
Allongée sur la plage, insensible au regard
D'un gamin malveillant, au timbre nasillard,
Qui arbore sans gêne un short souillé d'urine.

Quand une atroce odeur agresse mes narines,
Je lève un œil curieux sur un frêle zonard,
Sottement attifé d'un blouson de motard,
Dont l'hostile noirceur nargue sa blanche mine.

D'une poche crasseuse, il extirpe un canif
Qu'il ouvre lentement, d'un air vindicatif,
Sous les yeux amusés d'un costaud solitaire.

Dès que le jeune idiot, muni de son couteau,
Se jette sur mon sac, je hurle de colère,
Si bien que le musclé l'expédie à l'hosto.

Le 22.05.2004